L’intuition : l’éducation, une priorité

 

RP_Benin2014_DB_11aout_14

 

Le Bénin bénéficie de l’un des rares régimes démocratiques de l’Afrique et est parvenu à une relative stabilité économique. C’est pourtant également un pays où la mortalité infantile, la mortalité maternelle et le taux d’analphabétisme des femmes sont élevés. La pauvreté, l’analphabétisme et les problèmes de santé sont au nombre des obstacles qui nuisent à la réalisation des droits de l’enfant.

En raison de la pauvreté, les enfants sont souvent victimes de l’exploitation au travail, de la traite et de la violence. L’UNICEF rapporte que « le travail des enfants, pourtant interdit par la loi au Bénin, concerne le tiers des 6-14 ans ». En 2002, on dénombrait 661 000 enfants de 6 à 17 ans travaillant au Bénin, dont 480 000 âgés de 6 à 14 ans (c’est-à-dire, pour ces derniers, en contradiction avec le code du travail).

Ces enfants sont sur les chantiers de construction, travaillent comme vendeurs sur les marchés, sont employés comme domestiques ou exploités dans les carrières. Ils sont nombreux aussi dans les ateliers comme apprentis, souvent comme main d’oeuvre gratuite. Généralement privés d’éducation, beaucoup viennent des zones rurales pauvres pour venir occuper ces emplois dans les villes.

D’autre part, « le taux net de scolarisation des filles dans le primaire, égal à 50 %, indique que la moitié des filles en âge d’aller à l’école sont privées du droit à l’éducation. Les inégalités entre les sexes, qui se manifestent par exemple par l’écart entre les filles et les garçons de 25 points de pourcentage en matière de scolarisation dans le primaire, sont tout aussi alarmantes. De plus, la majorité des élèves qui s’inscrivent à l’école cessent d’y aller avant d’avoir achevé le cycle d’enseignement primaire. »

Ces deux constats, parmi tant d’autres, doivent nous faire réagir et nous ont incités à soutenir le projet du Centre Damien. Un centre de loisir donc, ouvert à la culture et au livre, pour promouvoir l’éducation, mais dans quel esprit ? Au 19e siècle, « toute l’action pastorale de Damien de Molokaï visait à redonner aux lépreux le goût de vivre. Selon lui, le meilleur remède contre la lèpre des corps et des coeurs était de mobiliser toute leur énergie autour de projets collectifs au profit de tous. Il a ainsi multiplié les initiatives (construction de routes, adduction d’eau, assasinissement de l’habitat, etc.), aux premières desquelles la création d’un orphelinat pour les jeunes filles lépreuses.

A son tour, au Bénin, le Centre Damien entend, à travers son activité, transmettre et développer cet esprit : être force d’initiative et d’espérance pour tous ; communiquer aux enfants une joie de vivre qui leur permette d’entrevoir l’avenir avec sérénité ; s’inspirer de sa pédagogie pour favoriser une éducation en vue du développement intégral de l’homme. »

Serge Gougbèmon,
responsable du projet